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Chartreuse, Italie, Sicile, Sardaigne, Corse : cinq semaines à vélo avec Charlotte et Nicolas

Written by: Lagoped

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Il y a des voyages qui se planifient. Et d'autres qui s'improvisent dans les marges d'un projet plus grand. Pour Charlotte et Nicolas, ce départ du 24 avril 2026 est les deux à la fois. Cinq semaines, la Chartreuse comme point de départ, Turin comme première étape, et l'Italie entière à traverser jusqu'en Corse. L'objectif officiel : tester le matériel qui servira à la saison 2 de RISE, une série de documentaires filmés à vélo à la rencontre de communautés qui vivent autrement. L'objectif officieux : vivre, pédaler, voler, rencontrer.


Pour que ça tienne sur la durée, il fallait des vélos robustes capables de porter du poids sur de longues distances. Pour que ça vole, il fallait de la place pour les parapentes. Le résultat, au moment de charger : 37,5 et 38,5 kg sur la balance. C'est trop lourd. Ils le savent. Ils partent quand même.

"Une fois sur les vélos, on ressent déjà ce goût de liberté qu'on aime tant dans ce genre d'aventures."

De la Chartreuse à Turin : les premiers coups de pédale

Le col du Mont-Cenis est encore fermé en avril. Il faut passer par le Lautaret puis Montgenèvre pour rejoindre l'Italie. Le détour vaut la peine : au-dessus de La Grave, à 3 200 mètres d'altitude, les conditions s'alignent pour un premier vol en parapente. Une ouverture en altitude, littéralement.


Turin se laisse approcher en avance sur le programme. Assez tôt pour flâner dans les rues et goûter les premiers cannolis italiens. Et pour régler le casse-tête logistique du soir : faire rentrer deux vélos de 38 kg dans une couchette de train de nuit en direction de Lecce, dans les Pouilles. 

Tetris niveau expert.


Le trajet en quelques étapes

Chartreuse > col du Lautaret > col de Montgenèvre > Turin à vélo, puis train de nuit Turin > Lecce.

Les Pouilles : entre villages blancs et oliviers blessés

Lecce à 10 heures du matin, 30 degrés, un air de plein été. À peine arrivés sur la place de la cathédrale, un couple de Français s'approche.

Ils les avaient repérés à la gare, reconnus car ils les suivaient sur les réseaux. Ils avaient fait le même chemin en sens inverse, descendu toute l'Italie à vélo et finissaient leur voyage là, à Lecce. Ils parlent plus d'une heure debout sur les pavés, de la route, des étapes, de ce que chacun a vu. Ce genre de rencontre improbable qui n'arrive qu'à vélo.


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Les premiers jours sont difficiles malgré tout. Nicolas est allergique aux graminées et c'est le pic de la saison. Les yeux gonflés le matin, le temps à éternuer. Le corps prend du temps à trouver son rythme. C'est toujours comme ça, au début d'un voyage à vélo.


La région donne à voir quelque chose de plus complexe que le cliché de la côte touristique. Alberobello et ses trulli, Matera accrochée à sa roche, et des kilomètres de champs d'oliviers dévastés par la Xylella fastidiosa, une bactérie qui dessèche les arbres jusqu'à les tuer. Plus de 20 millions d'arbres déjà morts dans la région. Sur la route, ils s'arrêtent pour échanger avec des agriculteurs. Ce qu'ils entendent, c'est une réinvention forcée : abandon des monocultures, passage à des champs mêlant oliviers, vignes, amandiers, figuiers, plantation de variétés résistantes. Des gens qui font face, qui réfléchissent, qui expérimentent. C'est exactement ce que Charlotte et Nicolas souhaitent raconter avec le projet RISE.


Le bon tips

Si vous traversez les Pouilles à vélo, prenez la route intérieure plutôt que la côte adriatique. Moins touristique, plus sauvage, et les rencontres y sont plus vraies.


Traversée de l'Italie : le parc du Pollino et la côte tyrrhénienne

D'est en ouest, le pays se traverse différemment. Le parc national du Pollino, sauvage et peu fréquenté, tranche avec la côte adriatique touristique laissée derrière. La côte tyrrhénienne, elle aussi, surprend par sa rudesse et sa beauté.

Au bout de dix jours, le compteur affiche déjà plus de 1 000 kilomètres et 11 000 mètres de dénivelé positif.

"Nous sommes partis depuis 10 jours et avons déjà parcouru plus de 1 000 km et 11 000 m D+."

Sicile : l'Etna, Maria et les glaces à la brioche

Quinze minutes de bateau suffisent pour changer de monde. La Sicile commence à Messine, un soir à 19h, avec encore 15 km et 400 mètres de dénivelé pour atteindre le premier camping. Trop fatigués. Un Airbnb de fortune, une douche chaude, un lit. 


Le lendemain matin, les corps refusent. La journée prévue vers l'Etna avec 2 700 mètres de dénivelé positif est annulée d'un commun accord. L'Airbnb est disponible une nuit de plus. C'est un signe.

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Cette pause sera décisive. La Sicile, ensuite, donne tout ce qu'elle a.


L'Etna d'abord, avec ses pentes raides, ses coulées de lave qui barrent les pistes et ses rafales à 100 km/h. Puis la rencontre de Maria, dans sa ferme, qui produit ses propres céréales, fait son pain et accueille deux cyclistes épuisés comme des membres de la famille. Le sandwich au pain maison, mozzarella, huile d'olive et herbes fraîches sera mentionné plusieurs fois dans les jours suivants. Une rencontre simple, directe, dans la continuité de ce que RISE cherche à documenter : des gens attachés à leur terre et à leurs savoir-faire.

Les pâtes à la pistache aussi ont marqué le voyage. Et les glaces à la brioche, qui méritent à elles seules le détour.

Au-dessus de Cefalù, malgré un vent qui ne laisse rien passer, les conditions s'alignent pour un vol en parapente. Puis Palerme, et Antonio, qui cultive en plein cœur de la ville, un projet d'agriculture urbaine à l'opposé exact des champs dévastés des Pouilles.


Le bon tips

Sur l'Etna, ne sous-estimez pas le vent. Les coulées de lave peuvent barrer des pistes répertoriées sur les traces GPX : prévoir une marge de manœuvre dans le programme.

Sardaigne : mer, pistes et repos forcé

Le ferry pour la Sardaigne fait 12 heures. Le mal de mer est au rendez-vous, le travail sur ordinateur laborieux, et les affaires sont encore trempées de la nuit orageuse précédente. À l'arrivée à 21 heures, il faut encore rouler une dizaine de kilomètres pour trouver un spot de bivouac. Les affaires toujours trempées.


La météo annoncée au centre de l'île pousse à réviser l'itinéraire vers la côte est, plus clémente. Les plages se succèdent. Deux d'entre elles, élues parmi les plus belles d'Europe, ne sont accessibles qu'à pied ou en bateau. Une journée de randonnée pour les atteindre. Le lendemain, des courbatures qui rappellent que les jambes sont calibrées pour pédaler, pas pour marcher.

"On alterne entre mer et arrière-pays. On savoure le silence quand on est sur les pistes et on prie pour ne pas se faire renverser quand on emprunte les axes routiers."

La Sardaigne se conclut à Santa Teresa, le dernier ferry de la journée déjà parti.


Le lendemain, 100 km/h de vent annoncés : tous les bateaux pour la Corse sont annulés. Un jour de repos forcé. Matelas percé réparé, travail rattrapé, pizzas à la part en quantité.


Le bon tips

En Sardaigne, la conduite sur les grands axes est dangereuse. Privilégiez les pistes de l'intérieur, même si elles rallongent. Les itinéraires côtiers sont à négocier tôt le matin, avant que le trafic ne monte.

Corse : Roberto, Adam et les plus beaux vols du voyage

La Corse commence par le mal de mer de Charlotte. Dix minutes en mer, et c'est reparti. À l'arrivée, l'île est exactement comme ils l'aiment.

L'itinéraire mélange la Gravel 20 et la Corsica Divided, avec les pistes qui mènent aux Aiguilles de Bavella et au plateau de Coscione. Du sauvage, du silence, des paysages qui ne ressemblent à rien d'autre.


Les rencontres s'enchaînent ensuite avec une densité qu'on ne trouve pas ailleurs. Roberto, 72 ans, ancien gendarme rencontré sur la route, les invite à dormir et à manger chez lui. Ils passent la soirée à rire et à refaire le monde. Le lendemain matin, à peine 15 kilomètres plus loin, c'est Ania, auxiliaire de vie polonaise, qui propose de garder les vélos le temps d'un vol en parapente. À leur retour, elle les attend avec du café et des beignets maison. Puis Sébastien, éleveur de brebis corses et fromager, qui ouvre les portes du pastoralisme insulaire. Et enfin Adam, apiculteur AOP transhuman, qui les emmène dans ses ruches pour intégrer des reines et récolter du pollen.

"Ces rencontres nous rendent tellement riches."

Au-dessus de Porto, un décollage improvisé depuis un bloc de granite avec le biplace. Les conditions sont parfaites. Un des plus beaux vols du voyage. La Corse offre encore des dauphins aperçus en chemin, un viticulteur rencontré par hasard, et une surprise de fin de voyage : Simon et Eva, le frère de Charlotte et sa copine, qui débarquent pour commencer la GT20 au moment exact où Charlotte et Nicolas s'apprêtent à partir.


Le bon tips

Pour traverser la Corse à vélo en évitant le bitume, combinez la Gravel 20 et la Corsica Divided. Les deux traces se complètent bien et permettent de rejoindre les Aiguilles de Bavella par les pistes.

Le retour : le Verdon, la canicule et le Mont Ventoux

Toulon à l'aube, après une mauvaise nuit sur le ferry. La maison se rapproche.

36 degrés à 14h dans les gorges du Verdon. Une pause baignade au bord du lac de Salle. Et une question qui tient éveillés jusqu'au réveil : gorges du Verdon ou Mont Ventoux ?


Le plateau de Valensole le matin, le sommet en fin de journée, la tente plantée face au Ventoux au coucher du soleil. Le lendemain, lever de soleil au sommet. Le Ventoux a une saveur particulière : c'est le sommet qui a vu grandir Charlotte, et la première ascension de Nicolas.

Le retour passe par les gorges de la Méouge et le Dévoluy. Ils rentrent pour les 30 ans de Charlotte.

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"Nous nous sommes habitués à vivre au rythme des coups de pédales, des soirées à partager une casserole et une cuillère pour deux, des rencontres, du dos cassé à travailler dans la tente et de l'incertitude de la journée."

Le matériel a tenu. Les corps aussi. La saison 2 de RISE peut commencer.

Le voyage en quelques chiffres

5 semaines de route

4 îles traversées : Sicile, Sardaigne, Corse... et la presqu'île italienne

+3 000 km à la pédale

+43 000 m de dénivelé positif

37,5 et 38,5 kg : le poids des vélos au départ

7 vols en parapente dont un au-dessus de La Grave à 3 200 m

1 jour de repos forcé à Santa Teresa à cause de 100 km/h de vent

0 demi-tour sur les 5 semaines

Les vêtements Lagoped qu'ils portaient sur ce voyage

Cinq semaines sous des conditions très variables, de 0 à 3 200 mètres d'altitude, entre 10 et 37 degrés. Voici les pièces Lagoped testées sur ce voyage.


Le TEETREK comme première couche : t-shirt technique en polyamide recyclé, tricoté en maille pour laisser circuler l'air. Porté de La Grave jusqu'aux plages de Sardaigne, les longues journées en selle et les vols en parapente.

Le CARDUELIS BIB, cuissard vélo, pour les étapes les plus longues : 165 km d'une traite dans les Pouilles, la traversée de la Sicile en cinq jours, les cols du retour.

La veste EVE pour la protection contre les éléments : vent à 100 km/h sur l'Etna, pluie orageuse en Sicile, matinées fraîches sur le plateau de Valensole. Membrane Sympatex sans PFAS, fabriquée en Union Européenne.

Le HEYDO2 Hoodie, doudoune légère à capuche en ouate recyclée, pour les soirées de bivouac et les départs à l'aube. Compressible, elle disparaît dans une sacoche le matin dès que le soleil monte.



Pour retrouver leur aventure au Maroc : Gravel au Maroc avec Charlotte et Nicolas.