Le GANGA, la fabrication d'un t-shirt anti-UV qui coche toutes les cases
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Quand on a eu l'idée du GANGA, on savait à peu près ce qu'on voulait : un t-shirt qu'on porterait seul, en été, sur les sentiers exposés, sans avoir à penser à remettre de la crème toutes les deux heures. Un baselayer anti-UV pensé pour être la pièce principale, pas une couche glissée sous une autre. Ce qui semblait simple au départ a soulevé quelques vraies questions de conception. Voici comment ça s'est passé.
Le GANGA n'aurait pas existé sans une matière. C'est elle qui a déclenché le projet, pas l'inverse.
On travaille depuis un moment avec un fournisseur qu'on connaît bien, dont on maîtrise les fils et les comportements en usage. En cherchant ce qu'il pouvait nous proposer dans la famille des matières légères anti-UV, on est tombés sur un tissu ECONYL : du nylon recyclé issu de déchets récupérés, filets de pêche abandonnés, chutes de production, qui obtient une seconde vie sous forme de fil.
Matière certifiée UPF 50+, ultra légère, avec un tomber très doux sur la peau et un séchage remarquablement rapide.
On connaissait le fournisseur, on connaissait la matière, on s'inspirait de nos modèles déja développés. C'est une base solide pour avancer vite et éviter les mauvaises surprises en cours de route.
Le rapport avec le TEETREK, notre t-shirt technique de référence, est direct : c'est la même logique de matière, mais en allant 35 grammes par mètre carré plus léger. Ce n'est pas un détail. Sur un t-shirt porté toute une journée de rando sous le soleil, cette différence se sent vraiment.
Le développement du GANGA a été rapide. Un seul prototype, et il était déjà très proche de ce qu'on cherchait. Ce n'est pas toujours comme ça.
Deux raisons à cette fluidité. D'abord, le GANGA s'est largement inspiré du ROKA, notre baselayer technique existant : même logique de coupe, même approche de la première couche, les bases étaient déjà bien établies. Ensuite, le fait de travailler avec un partenaire qu'on fréquente depuis un moment facilite les échanges : on n'a pas besoin de tout expliquer depuis le début à chaque itération.
"Le fait de travailler avec un partenaire qu'on fréquente depuis un moment facilite les échanges"
Les ajustements ont porté sur un seul point : la capuche. Elle était trop large par rapport à ce qu'on avait imaginé. On voulait qu'elle se pose bien, qu'elle soit suffisamment couvrante pour protéger la nuque et le haut du crâne, mais qu'elle reste compatible avec une casquette ou un casque. Une capuche de t-shirt anti-UV qui ne peut pas se porter sous un casque d'escalade ou de vélo, ça rate la moitié de ses utilisateurs.
C'est Julien, l'un des fondateurs de Lagoped et guide de haute montagne, qui a guidé les choix sur ce point. Quelqu'un qui passe ses journées à encadrer des groupes en montagne, souvent sous le soleil, souvent avec un casque, sait exactement ce qu'il attend d'une capuche de t-shirt.
On cherchait un système qui laisse l'air circuler, parce qu'une capuche hermétique sur un effort intense devient vite irrespirable. Et en même temps, on voulait une couverture suffisante pour que la protection UV soit réelle, pas symbolique. Ce n'est pas une petite capuche décorative : elle est ajustée, montante, pensée pour rester en place quand on bouge.
Le résultat : une capuche à fit actif, qui accompagne les mouvements sans partir en arrière dès qu'on relève la tête, avec suffisamment de volume pour ventiler mais suffisamment de tenu pour couvrir.
Le GANGA est pensé pour des scénarios où la protection UV compte vraiment. Pas juste un t-shirt qu'on enfile par habitude : une pièce choisie parce qu'on sait qu'on va passer des heures exposé.
Dans cette logique, on a intégré des passe-pouces. Seuls les doigts dépassent, la main est couverte. C'est un geste simple qui règle un problème réel : la zone poignet-main est souvent oubliée de la protection solaire, difficile à enduire de crème en mouvement, exposée en permanence quand on tient des bâtons ou un guidon.
Associés à la capuche, les passe-pouces font du GANGA une pièce qui couvre un spectre corporel nettement supérieur à un t-shirt classique, y compris anti-UV.
Le choix des couleurs sur un t-shirt anti-UV soulève une vraie question physique : en plein soleil, une couleur foncée absorbe davantage la chaleur qu'une couleur claire. On a longuement hésité. Un t-shirt blanc est objectivement plus agréable à porter quand les températures montent. Un t-shirt foncé peut sembler contre-intuitif sur un produit censé vous garder au frais.
On a failli ne sortir qu'une seule couleur pour simplifier. Finalement, on a maintenu une carte couleur qui reflète nos choix habituels : des teintes permanentes, qui ne seront pas abandonnées à la saison suivante.
Ce point a une conséquence écologique directe. Le fournisseur dispose déjà d'un stock existant sur ces coloris permanents : on prend exactement ce qu'on a commandé, sans surproduction de notre côté. Pas de fin de série, pas de tissu teinté spécialement pour une saison puis abandonné. C'est un avantage logistique et un avantage environnemental.
Le brief de départ a été posé fin février. La sortie est prévue fin juillet. C'est rapide pour un vêtement technique.
Ce délai a été tenu pour plusieurs raisons qui se cumulent. La matière était identifiée, le fournisseur connu, la coupe dérivée d'un existant. Et la fabrication s'est faite à proximité : pas loin de notre chaîne habituelle de production en Union Européenne, ce qui évite les aléas logistiques des approvisionnements lointains.
Les premiers retours, même avant la sortie officielle, ont été bons. Ce qui donne envie de continuer dans cette direction : des produits qui répondent à une vraie question d'usage, développés avec des gens qui pratiquent, fabriqués avec des partenaires qu'on connaît.
Pour découvrir le t-shirt GANGA, c'est ici : t-shirt technique GANGA. Et pour comprendre comment la protection UPF 50+ fonctionne sur la matière, notre guide complet sur les vêtements anti-UV détaille les quatre techniques de fabrication et ce que la certification garantit vraiment.